Les discussions critiques sur la civilisation et la technologie finissent immanquablement par l’argument de la longue espérance de vie dont bénéficient les peuples civilisés modernes.
Tout découle de cet argument: la mortalité infantile, la fatalité de diverses maladies, l’intérêt du scanner ou de la chimiothérapie, le diagnostic prénatal, etc.
L’humain a peur de la mort, comme tous les animaux d’ailleurs, c’est l’instinct de survie.
Ce qui différencie l’humain moderne civilisé est que chez lui cette peur est permanente, le paralyse et le force à prendre des voies sans issues.
Elle provoque également la peur de la vie: peur d’avoir froid, peur d’avoir faim, peur de l’imprévu, peur de la nature, peur de notre nature, peur de la liberté.
La peur de la mort, moteur d’une civilisation mortifère qui dévore le monde.
Pour lui échapper nous usons de tous les artifices, à n’importe quel prix.
« Les discussions critiques sur la civilisation et la technologie finissent immanquablement par l’argument de la longue espérance de vie dont bénéficient les peuples civilisés modernes. »
A ce sujet, Thierry Souccar dit dans « le régime préhistorique » (p19):
« Une analyse récente de l’INED révèle qu’une fois passé l’obstacle de la mortalité infantile, importante à l’époque [préhistorique], un adolescent de 15ans pouvait compter sur 40 années supplémentaires de vie, comme c’était encore le cas au XVIIe siècle en France! »
(ça serait intéressant de trouver la ref, par contre)
Merci de préciser, la notion d’espérance de vie n’est pas très claire pour tous.
Il y a un article (30 pages), A Theory of Human Life History Evolution, je l’ai pas encore lu mais il est cité par l’article wikipedia sur Life expectancy:
http://www.soc.upenn.edu/courses/2003/spring/soc621_iliana/readings/kapl00d.pdf
Le tableau 1 montre que chez divers peuples de chasseurs-cueilleurs modernes, l’espérance de vie à 15 ans va de 51 à 58 ans.
Certains objecteront que c’est bien moins que la notre qui est quasiment de 80, mais les « primitifs »
- n’attendent pas l’âge de la retraite pour commencer à vivre
- ignorent l’acharnement thérapeutique
- ne finissent pas leur vie à s’ennuyer dans une maison de retraite
- et surtout, les « primitifs » étudiés vivent dans des conditions extrêmes, on peut imaginer que ceux qui vivaient dans des climats tempérés sur des terres fertiles et des rivières pleines de poissons vivaient mieux et plus longtemps.