Un poème d’Ariel Boucher
Quand vous regardez en arrière
Du singe à l’âge de pierre
Tant de progrès depuis Cro Magnon
Je m’essouffle de votre pollution
Vous flirtez avec les étoiles
Vous domptez les mers, les océans
Je vous couvre des plus beaux voiles
Je vous pare d’or et d’argent
La lune a perdu de son mystère
Vous voyiez l’infiniment petit
Les sept merveilles vous avez construit
Traversez ma terre sur vos chev’aux de fer
Les poètes chantent mes louanges
Je vous désaltère de mes fruits
Picasso, Gauguin, Michael Ange
On peint ma nature reverdie
Vos grands, grands hommes de science
Entre bombes et expériences
Je me réduis en peau de chagrin
Vous me perforez de vos vérins
Dans les profondeurs de mes dédales
Pour en extraire mes richesses
Vous me martyrisez. J’ai si mal
Qui se soucie de ma détresse ?
Dans des demains aux aubes grises
Sous un ciel vomissant de plomb
Sous le soleil mes fleurs ne s’irisent
Pour étouffer mes cris. Pleurent les violons
De l’âge de pierre à aujourd’hui
Je vous ai donné la Vie en cadeau
Tel Moïse j’ai écarté les eaux
Ma terre se fond en perles de pluie
Vous qui caressez les comètes
Vous jouez aux apprentis sorciers
Demain je ne serai de la fête
Dans mes flancs vos plaies. Je disparaîtrai