Qu’est-ce que le réensauvagement ?
by Misko - janvier 15th, 2010.Classé sous: Réensauvagement. Libellés: sauvagisme.
Imaginez vivre d’une manière où vous avez rarement faim ou froid. Vous vivez dans une confortable maison près de toute votre famille et vos amis proches. Elle n’est pas extravagante, non, loin de ça, mais elle est confortable et elle est à vous. Elle sent les bonnes odeurs de fumée de bois, de cuisson, et d’herbes séchées.
Vous mangez selon la saison, et la nourriture que vous et votre famille et amis recueillez est pleine de saveurs délicieuses et variées, bien plus que quoi que ce soit que vous auriez pu trouver dans une épicerie. Et la nourriture est saine en plus, pas comme la merde que vous vous souvenez avoir mangée dans le temps. Pas de pesticides, mercure, ou dioxine dedans, aucune viande nourrie avec des poisons. C’est drôle comme cela ne vous semblait pas si horrible auparavant, tandis que maintenant vous n’oseriez plus en manger.
Vous êtes libre de passer vos journées comme bon vous semble, et le travail que vous faites vous paraît plutôt un loisir qu’autre chose la plupart du temps. Lorsque vous le voulez, lorsque vous en avez le goût ou que vous pensez simplement que c’est une bonne idée, vous pourriez partir chasser, ou pêcher, ou peut-être faire un peu de jardinage. Vous savez, ces choses que les gens considéraient comme passe-temps et hobbys, des choses que vous faisiez lors de vos vacances et fins de semaines. Lorsque la saison est arrivée, vous et tous vos amis et famille partez à la cueillette des fruits, vous gaver de petits fruits sucrés et mûrs. Quelques mois plus tard, fruits et noix tombent des arbres et vous n’avez qu’à les ramasser.
Diviser les tâches ou les faire ensemble tout en socialisant, ça ne semble pas trop être du travail. Chacun partage le travail, aussi, et personne n’a de contrôle ni d’influence coercitive sur qui que ce soit d’autre. Lorsque vous n’êtes pas en train de faire ces choses, vous pouvez aussi bien vous assoir avec d’autres et jouer quelques parties, de cartes, ou peut-être de dés, ou peut-être irez-vous jouer avec les enfants afin de les garder occupés et de leur enseigner des choses. Les parents ne sont pas attelés à leurs enfants, même lorsqu’ils passent la majeure partie de la journée avec eux. S’ils ont besoin de faire quelque chose sans l’enfant, un autre des parents ou peut-être une tante, un oncle, ou un grand-parent peut facilement garder un œil sur eux.
Votre art se porte bien. La plupart des membres de votre groupe a vraiment développé leurs arts et artisanats, vu le temps libre qu’ils ont. La musique que les personnes talentueuses jouent a pris vie. Votre village est paré d’embellissements attrayants et de sculptures, des couvertures peintes et tissées couvrent les meubles et tapissent les murs.
Le soir, tout le monde se rassemble pour les repas faits de délices et de repas maison, souvent en des genres de grands rassemblements-fêtes et se raconte des histoires. Et en plus, vous remarquez que tous vous n’êtes plus aussi souvent malades, probablement parce que vous mangez tous plus sainement et qu’enfin vous prenez assez de sommeil. Les gens se querellent rarement entre eux, et il est rare qu’un conflit devienne violent. Au lieu de cela, chacun intervient et aide à résoudre le problème.
Le soir, vous allez vous coucher satisfaits. Vous vivez la belle vie, et vous n’aviez jamais pensé que ça arriverait, surtout pas de cette façon.
Vous ne pensez pas pouvoir vivre de cette façon ? Vous le pouvez, mais avant nous avons besoin de le bâtir !
Essentiellement, se réensauvager veut dire retourner à un état plus naturel, plus sauvage; c’est le processus où l’on se défait de la domestication. Cela implique le rejet de la civilisation, et par manque de termes plus appropriés implique de devenir ‘autochtone’ ou ‘indigène’, mais à notre façon à nous (« néo-indigène »). Ce que cela signifie ne sera pas incroyablement clair pour chacun, donc des clarifications du vocabulaire sont nécessaires.
Civilisation peut être défini comme étant les cultures hiérarchiques qui résultent directement de l’agriculture, et qui impliquent la création de villes. Des villes sont des centres de population assez grands pour exiger l’importation de ressources depuis l’extérieur de la ville par la menace ou l’application de la violence. Ce dernier est l’élément clé, puisque les sociétés traditionnelles intactes n’abandonnent pas les ressources sur lesquelles leurs communautés sont basées à moins que ces communautés n’aient été détruites.
Hiérarchie a probablement besoin d’être expliqué un peu, puisque selon mon expérience, des gens ne savent pas ce qu’est la hiérarchie. Certains vont jusqu’à dire que toutes les cultures humaines ont une hiérarchie, pour ensuite donner en exemples des cultures qui n’en ont pas. Avoir une structure sociale ne veut pas dire qu’une hiérarchie est en place. Même que d’avoir des personnes désignées comme ‘chef’ et ‘homme ou femme médecine’ ne veut pas dire qu’il y a une hiérarchie. Une véritable hiérarchie implique au moins une personne, ou parfois un groupe ou une ‘caste’ ayant un contrôle autoritaire sur le reste des gens, du peuple. Cela signifie l’institutionnalisation de choses telles que le ‘droit divin’ et d’une police protégeant la propriété privée des corporations au détriment des gens. C’est la raison d’être de l’existence de la police et de l’armée. D’un autre côté, les cultures égalitaires impliquent que les personnes n’ont que le pouvoir de persuasion, et le respect dans la communauté. Plusieurs ‘chefs’ de cultures primitives étaient simplement des personnes hautement respectées, choisies par le peuple afin d’être celui (ou celle) choisi(e) pour parler aux étrangers. L’influence étant le seul pouvoir que les personnes détiennent sur les autres, autrement ils sont égaux aux autres.
L’agriculture, différente de l’horticulture de par sa technique et son échelle de grandeur, est l’acte de cultiver de grands champs (‘agri’=champ, ‘horti’=jardin) afin de produire une mono-culture, ce qui épuise la terre à cause des coupes à blanc, du labourage, et de la destruction de la biodiversité. Certains font la différence entre l’agriculture et l’horticulture par le fait que l’agriculture détruit l’écosystème, tandis que ce n’est pas le cas pour l’horticulture, et que l’agriculture est sujette à la loi des ‘retours décroissants’. Les populations qui ont les grandes réserves de nourriture, mais pauvres en nutriments, que la monoculture de grains (l’agriculture) fournit, vont naturellement croitre en nombres, puisque c’est ce que font les populations animales lorsqu’il y a excès de nourriture. La combinaison de l’épuisement des sols et la croissance exponentielle des populations signifie que la civilisation doit, de par sa nature même, s’étendre et prendre le contrôle des alentours afin de compenser pour son lieu épuisé, et c’est pourquoi le « Croissant Fertile » est passé de forêts anciennes et luxuriantes aux déserts stériles que nous avons aujourd’hui. « Croissant Fertile » n’a pas toujours été une blague cruelle. L’agriculture et la civilisation qui en résulte sont tout simplement non viables.
La civilisation n’améliore pas la qualité de vie non plus. En fait, elle l’amoindrit dramatiquement. C’est la conception erronée que la plupart des personnes civilisées se font, que les sociétés fondées sur l’agriculture telles que la nôtre sont plus sécurisantes et qu’elles ont une meilleure qualité de vie que celles des chasseurs/cueilleurs/jardiniers. En réalité, la civilisation a causé à peu près tous les problèmes de santé que nous avons aujourd’hui, tels que maladies cardiaques, cancers, hypertension, diabète…et la liste continue. C’est dû à la combinaison de stress extrêmes (des hiérarchies, travailler plus que nous le devrions, déconnexion d’avec la vie) et une alimentation pauvre, ainsi qu’un mode de vie sédentaire et maintenant un environnement empoisonné.
La petite vérole, la peste, le SRAS, la grippe aviaire, et tous ces autres sales virus se sont formés à cause de la domestication des animaux. Les peuples cueilleurs/chasseurs sont aussi pratiquement immunisés contre la famine, une chose qui a commencé à arriver il y a 10 000 à 12 000 ans lorsque des peuples ont commencé à devenir agriculteurs à plein temps. C’est ce qui arrive lorsque vous ne dépendez que d’une mince variété de plantes et d’animaux très apparentés pour votre nourriture, et qui requièrent des conditions très spécifiques pour vivre. Une mauvaise saison et c’est la perte totale, mais un cueilleur/chasseur peut toujours trouver des plantes comme nourriture, et habituellement au moins un peu de petit gibier. Les périodes ‘maigres’ ne sont pas aussi maigres pour les gens qui ont une source de nourriture variée.
La civilisation industrielle en particulier est non viable, non soutenable, à cause de notre dépendance sur la ressource non-renouvelable, le pétrole. Le pétrole s’épuise, il n’y a aucun doute là-dessus. Sauf que ça ne fera pas que rendre le fait de conduire plus dispendieux. Ceci voudra dire un effondrement complet du système industriel, et bientôt. La plupart des gens ne réalisent pas à quel point il en faut du pétrole pour faire pousser les récoltes que les fermiers américains produisent. Ce ne sont pas seulement les tracteurs et moissonneuses-batteuses, mais aussi les tonnes et les tonnes et les tonnes de fertilisants qui doivent être livrées, parce qu’en réalité le Dustbowl (les grandes terres asséchées, épuisées) de la Grande Dépression ne sont pas disparues; nous n’avons que recouvert de fertilisants ces terres rendues désertiques. Beaucoup de ces fertilisants sont à base de pétrole, à part le fait qu’ils nécessitent du pétrole pour les transporter. Lorsque le pétrole sera épuisé, les crises alimentaires qui ont déjà commencé empireront de beaucoup, beaucoup.
Dans le passé, ces types de crises énergétiques ont signifié l’effondrement de civilisations. Notre civilisation, de capitalisme industriel global, est en train de subir un tel effondrement. Il est en cours depuis des décennies, certains disent même un siècle. Dans le passé, des civilisations ont prolongé l’effondrement en passant à une nouvelle source d’énergie. C’est ce qu’espèrent tellement d’environnementalistes bien intentionnés en poussant les technologies vertes, mais ce n’est pas assez. Dans certains cas, ils ne feront qu’aggraver les choses, puisque les technologies qui font un usage plus efficace d’une ressource mènent à ce que cette ressource soit utilisée beaucoup plus. Si tout le monde recycle cela sauve un certain nombre de ressources, mais seulement une minuscule fraction de ce que l’industrialisme nécessite. La seule réelle manière de stopper la destruction massive de la terre est d’abandonner la société industrielle.
Par contre, l’effondrement n’est pas véritablement ma raison de me réensauvager, même si c’est une bonne motivation, je sens qu’il sert plus à souligner à quel point la civilisation est insensée. Ma raison primaire est que de vivre primitivement est tout simplement une meilleure façon de vivre. C’est ce à quoi nous sommes adaptés. Les peuples indigènes nous ont donnés de superbes modèles pour vivre, utilisant le moins de ressources possibles tout en maintenant de belles vies. Pas parfaits, aucun système impliquant des humains n’est ou ne sera jamais parfait, mais tout de même une très belle manière de vivre. Ce n’est pas les réensauvageurs veuillent « jouer aux indiens », ou copier exactement les cultures indigènes, ils veulent utiliser leur exemple comme tremplin.
Les animaux humains ont évolué afin de vivre en petits groupes égalitaires, et vivre une vie paisible. Nous ne sommes pas supposés travailler 40 heures et plus par semaine pour à peine survivre et pour quelques joujoux inutiles. Nous sommes supposés travailler la moitié de cela ou moins et nous épanouir. Un chasseur-cueilleur typique peut nourrir cinq personnes en travaillant deux heures par jour pour la subsistance. Nous sommes supposés interagir avec le reste du monde, au lieu de nous protéger contre le reste de la vie. Une partie de ma motivation est spirituelle/religieuse. Nous sommes supposés avoir de véritables connexions avec la famille et les amis, pas seulement des relations superficielles et des « amis » MySpace. Les chasseurs-cueilleurs passent beaucoup de temps avec leurs amis et leur famille, à se raconter des histoires, et à jouer à des jeux de hasard. Certains hommes Hadza ne vont jamais chasser, et ne font que passer tout leur temps libre à jouer à des jeux!
Il y a aussi la question de la santé psychologique à être considérée. Les gens qui vivent dans des cultures primitives intactes ont des taux terriblement moins élevés de stress, de traumas, et de folie. Vous aurez probablement compris à partir des premiers passages de cet essai que la relation avec la civilisation est basée sur le modèle d’une relation complètement abusive, psychotique: nous empêcher de vivre autre chose (d’autres manières de vivre); tuer les êtres qui nous sont chers; infliger de la violence sur une grande portion d’entre nous et puis nous en blâmer; et bien sûr les menaces de violence afin de nous empêcher de quitter, les parallèles sont évidents. En nous réensauvageant, nous pouvons guérir en tant que peuple de manière très semblable aux individus qui se remettent d’abus et de traumas, et qui développent une fois de plus des relations saines entre eux.
La plus importante ressource pour un chasseur-cueilleur-jardinier est le réseau social auquel il appartient. Les humains n’ont pas besoin d’un immense groupe, en fait les groupes trop nombreux nous présentent des troubles cognitifs. Nos cerveaux sont conçus pour avoir des relations intimes avec un groupe d’une douzaine de personnes environ, et pour être capables d’avoir des relations décentes avec environ 150 personnes au total. Au-delà de ça, nous ne pouvons concevoir totalement les personnes en tant que personnes entières, ce qui est la raison pour laquelle, historiquement, très peu de villages tribaux dépassaient ce nombre. Avoir une quelconque sorte de ‘tribu’ rend la vie facile, donc je considère le fait de bâtir un tel groupe comme étant l’étape la plus importante en réensauvagement. Apprendre à chasser, cueillir, pêcher, et jardiner, ainsi qu’à bâtir un gite et confectionner des outils, sont aussi des choses assez importantes, mais la communauté est la clé. Comme je l’ai dit avant, le chasseur-cueilleur peut nourrir cinq personnes en travaillant deux heures par jour pour la subsistance, ainsi donc, tandis que je me suis appliqué à devenir bon à la cueillette de plantes, à apprendre à propos de la pêche et de la chasse, et autres habiletés primitives de ce genre, ma priorité est de renforcer mes amitiés et mes liens familiaux.
Donc, comment nous y prenons nous exactement pour nous réensauvager? La question de savoir quelles sortes de techniques et technologies nous utilisons exactement, ou même en général, afin de nous réensauvager, est assez importante. Ultimement, nous essayons de nous ré-approprier un mode de vie auquel on se réfère habituellement comme étant « l’âge de la pierre » en langage civilisé. Cette appellation est non seulement inexacte, mais elle ne nous est pas utile en tant qu’idéal à suivre. Ce terme « âge de la pierre » porte avec lui beaucoup de faussetés qui sont courantes dans le langage civilisé, la plus évidente étant que la pierre soit une partie si importante aux technologies physiques des peuples chasseurs-cueilleurs-jardiniers, tandis que essentiellement c’est l’ensemble des matériaux naturels imaginables qui est utilisé. Certaines cultures décrites comme étant de « l’âge de la pierre » n’utilisent pas de pierres du tout !
La plus importante des faussetés dans le terme « âge de la pierre », mais moins évidente superficiellement, est que les humains avancent obligatoirement dans un processus de complexification technologique croissante, et que c’est une BONNE CHOSE. Il y a un jugement de valeur qui est fait, avec la prémisse sous-entendue que la civilisation est meilleure et que, essentiellement, l’histoire aurait conspiré afin que les humains puissent accomplir un destin de viol, de pillage, et détruire le reste du monde, incluant les humains qui ne voudraient pas se joindre à la civilisation.
Et bien sûr, nous ne personnifions pas ni ne sommes membres de la SCA (Société Créative d’Anachronisme) essayant de rejouer une version anachronique de quelque chose. Nous sommes de véritables personnes qui essayons de vivre de manière responsable, sensée, et par dessus tout saine. Comme je l’ai dit au début, nous n’avons pas l’intention de « jouer aux indiens » ni de nous approprier quoi que ce soit.
Pour ces raisons, j’utiliserai le terme « primitif », et j’espère qu’au lieu d’intérioriser toutes les associations péjoratives que cela implique, qu’il est entendu qu’il a plus à voir avec la technologie qui est primaire, dérivée directement à partir de ressources naturelles, en utilisant probablement des outils manuels. Nous cherchons à vivre entièrement par des moyens primitifs, chasser avec des outils primitifs, cueillir avec des outils primitifs, jardiner avec des outils primitifs, etc.
Nous devons nous rappeler que nous ne pouvons être des puristes lorsqu’il est question de technologies physiques. Nous vivons dans la civilisation industrielle, en même temps que nous essayons d’en sortir et de créer quelque chose de plus sain. Nous n’avons pas le réseau de soutien social complexe que nous voulons bâtir, et la plupart d’entre nous n’avons pas tous les savoir-faire dont nous avons besoin pour faire cela en solitaire (une idée suicidaire en civilisation et en nature). Donc, si, pour quelque raison que ce soit, nous trouvons le besoin d’utiliser quelque chose qui ne soit pas ‘primitif’, nous devons nous rappeler que ceci ne nous rend pas moins réensauvageur. Plus important encore, nous devons nous rappeler nos obligations et responsabilités, dans le même sens que ce que Derrick Jensen et tant d’autres appellent la « relation prédateur/proie », mais je préfère y penser de manière plus large en tant que relation d’être vivant (puisque tous les êtres vivants y prennent part, en réalité). Lorsqu’une personne tue un animal pour se nourrir, le respect qu’elle ou il donne à cet animal devrait se manifester de manière à ce que cette personne prenne la responsabilité de faire ce qu’elle peut afin d’assurer que la communauté de cet animal continue à s’épanouir et à avoir un environnement sain. De façon semblable, en récoltant un arbre pour construire un bateau, vous en faites votre responsabilité que les forêts demeurent intactes. Et de façon semblable, comme l’a souligné Urban Scout, en mangeant un animal tué par un véhicule, vous le devez à cet animal de faire ce que vous pouvez afin de mettre fin à la culture automobile. En utilisant une arme à feu pour tuer un cerf, vous ne prenez pas seulement la responsabilité d’assurer la conservation de l’habitat des cerfs, mais aussi d’essayer de mettre un terme au système industriel qui a créé tant de gaspillage pour faire cette arme à feu. En utilisant un ordinateur pour favoriser la croissance d’une communauté, comme je le fais, je m’engage à travailler à la création d’un monde dans lequel nous n’avons pas besoin d’ordinateurs, dans lequel des personnes ne développent pas de cancer en travaillant à fabriquer des cartes-mémoire, où des usines de productions d’électricité cessent de polluer l’air, de détruire les rivières, et de faire que les montagnes soient dépouillées de leurs précieux métaux afin de soutenir un système électrique. Donc dans mon cas, je dois aux peuples humains et non-humains exploités par la technologie que j’utilise de travailler à faire de ce monde une meilleure place. La technologie primitive n’est « meilleure » que parce qu’elle minimise notre impact négatif sur nos écosystèmes (en ayant même parfois des effets positifs), et par conséquent les responsabilités que nous prenons en les utilisant sont plus simples. Aussi, elles nécessitent habituellement moins de temps à fabriquer, et requièrent moins d’entretien.
Ultimement, la civilisation tombera et nous n’aurons plus qu’à nous soucier de vivre. Nous finirons peut-être éventuellement par utiliser les restes laissés par la civilisation, sans le souci d’avoir à perpétuer ses systèmes de mort. Nous essaierons même peut-être de les utiliser de manières à accroître la biodiversité, à renforcer nos écosystèmes, et globalement renforcer la communauté de la vie. La principale préoccupation étant qu’est-ce qui nous rapprochera, ou même, nous amènera à, cette manière d’être et de vivre, et en faisant cela, permettre à l’entière communauté de la vie (notre[s] écosystème[s]) de vivre naturellement.
Texte original de Daniel Quiray. Publié originalement en anglais sur Rewild New England. Traduction de Misko.
Bibliographie Diamond, Jared « Guns, Germs, and Steel » Glendinning, Chellis « My Name is Chellis and I’m in Recovery from Western Civilization » Godesky, Jason “The Thirty Theses” found at HYPERLINK « http://anthropik.com/thirty/ » http://anthropik.com/thirty/ Jensen, Derrick « Endgame: Volume I – The Problem of Civilization » Jensen, Derrick & Draffan, George « Strangely Like War: The Global Assault on Forests » Montgomery, David « Dirt: The Erosion of Civilizations » Sahlins, Marshall “The Original Affluent Society”


janvier 15th, 2010 at 20 h 29 min
Évidemment, j’aime bien cet essai de Daniel Quiray.
janvier 30th, 2010 at 11 h 07 min
A propos de la ville, je ne suis pas d’accord. La plupart du temps, l’approvisionnement ne se fait pas par la force ou la violence, mais simplement par l’attrait du marché (même s’il est la plupart du temps mensonger, bien sûr), qui pousse les communautés environnantes à se spécialiser et à exporter vers les villes, en exploitant leurs propres ressources. Ce n’est qu’en cas de pénurie que la force devient utile, et entraine l’expantionnisme des cités et civilisations.
En tous cas, ce texte est un brillant condensé de la philosophie anarcho primitiviste; merci pour cette traduction.
janvier 30th, 2010 at 12 h 37 min
Je pense aussi que les villes ne survivent que par la violence et la spoliation des communautés éloignées pour mettre la main sur leurs ressources. D’autant plus facilement que les braves citadins ne savent pas ce qui se passe en dehors.
A voir ce petit film
http://www.youtube.com/watch?v=a-7CHlPOPaM
C’est en anglais, mais les sous-titres et les images devraient être compréhensibles par tous.
février 1st, 2010 at 21 h 06 min
Visiblement, votre idéal, c’est de vivre en petites communautés familiales avec quelques amis, en vivant de vos propres produits.
Vous présentez cela comme quelque chose de merveilleux et génial, moi, je trouve ça monstrueux, ennuyeux à mourir et facteur de stupidité !
Au moins, ce que nous a apporté la civilisation et les villes que vous maudissez, c’est la luxure, la débauche et le fait de pouvoir vivre en dehors d’un cercle familial dans de petits villages oppressif à mourir !
Dans Le dormeur s’éveillera-t-il ?, de Philippe Curval, des sociétés comme la votre sont décrites, utopies anarcho-écolo-collectivistes… Voici ce qu’en pense un individualiste : « On les invita obligeamment à partager les repas frugaux [...] ; chaque foyer comportait toujours un nombre d’hommes et de femmes égal qui formaient des couples éphémères et changeants ; tous les biens étaient partagés sans discrimination. Et les enfants n’avaient plus de parents fixes, leur éducation même était soumise aux principes d’autogestion.
****** n’émit aucune critique [...] Pourtant, il ne voyait aucun avantage à ce retour au temps de Cro-Magnon : la pression tribale s’y exerçait comme dans n’importe quelle construction étatique, écrasant l’individu au profit de la communauté. Et la dépersonnalisation affective transformait l’acte amoureux en une glissade rituelle d’un ridicule ennui. [...] Aussi voyait-il comme des êtres végétatifs ces Ecos mâchonnant des feuilles de chanvre indien pauvres en alcaloïdes – car elles provenaient de leurs cultures – pour s’envoyer en l’air vingt-quatre heures sur vingt-quatre de peur de s’apercevoir qu’ils existaient. »
Et vous vous demandez pourquoi les anarchistes ne vous « aiment pas »…
Alors, oui à l’Anarchie, mais l’anarchie individualiste, capitaliste même ! La prise en charge individuelle rend la vie de tous les jours inhabituelle, excitante, merveilleuse ! La force seule ferait propriété et chaque instant serait une lutte.
Vos tribus, des stades suprêmes de l’ordre autoritaire, sont à vomir de morosité.
Alors, le « réensauvagement », merci, très peu pour moi !
Ce point de vue vous montrera peut-être que certains ne voient pas le monde de la même manière que vous… Mais j’en doute.
Cordialement.
février 2nd, 2010 at 10 h 07 min
Avons-nous besoin des « lumières » de marevolution pour savoir que « certains ne voient pas le monde de la même manière que nous »
L’idéal anarchiste-capitaliste est à vomir tout court, il n’existe que dans la tête de fils-à-papa qui croient que tout leur est du et qui se sentent supérieurs aux autres car ils peuvent brandir une carte de crédit gold. Le jour où le jouet sera cassé, ils seront les premiers à mendier une nourriture morose.
février 3rd, 2010 at 16 h 21 min
Pas la peine de s’énerver.
« [...]qui croient que tout leur est du » Et qu’est-ce qui ne t’es pas du ? Ce que tu n’a pas envie qu’il te soit.
« [...]et qui se sentent supérieurs aux autres »
« Le jour où le jouet sera cassé, ils seront les premiers à mendier une nourriture morose. »
Que je ne leur donnerai pas, je pense, car je ne suis ni un capitaliste, ni un fils à papa, je suis un Égoïste.
Mille fois non ! Mais certainement pas égaux, tout sauf égaux.
Qui est le plus à vomir entre « mon » idéal (car je ne suis pas un vrai anarcap) et le votre ? That is the question…
Cordialement quand même.
février 28th, 2010 at 16 h 59 min
Merci pour la belle traduction !!!
je n’arrive pas à trouver l’original en anglais…
On se recroise toujours, Misko !
c’est toujours bon de te voir.
claude
mars 1st, 2010 at 22 h 01 min
Claude! Je pensais justement à toi ces jours-ci. Va bien falloir qu’on se parle un jour, en chair et en os. Pour ce qui est de la version originale de ce texte, on peut la trouver sur ce groupe yahoo:
http://groups.yahoo.com/group/rewildnewengland/files/
Et sur mon blogue:
http://kinoodoodaym.blogspot.com/2009/04/rewilding-explanation-revised-and-with.html
marevolution, c’est quoi ton problème de venir vomir ici? C’est très civilisé ce que tu viens de faire, tu sais. Où tu vois un idéal, moi, je vois plutôt une ou des façons de vivre pour lesquelles nous sommes réellement adaptés, c’est-à-dire, sans hiérarchie, sans esclavage, ni esclavage à gages; des façons de vivre beaucoup moins stressantes, avec beaucoup plus de temps pour les loisirs, quoi que le « travail » dans ce contexte ressemble plus à des loisirs qu’à autre choses: chasse, jardinage, pêche, cueillette, etc.
En tous les cas, merci de nous avoir donné l’occasion de nous servir de tes commentaires pour peut-être éclairer un peu les choses pour ceux et celles qui voient, ou entrevoient à travers le smog psychique de la civilisation.
- Misko